Secteur de l’immobilier : Une pénurie de ciment sur le marché

Avec le boom, ces dernières années, des opérations immobilières et du programme des logements sociaux, le marché du ciment connaît des difficultés en Côte d’Ivoire. Le secteur immobilier en Côte d’Ivoire connaît un boom ces dernières années.

Surtout avec le programme des logements sociaux et les nombreuses opérations immobilières en cours de finition. Cette situation a créé une pénurie de ciment sur le marché. De sources concordantes, la situation de pénurie s’explique par une forte demande du ciment sur le marché à l’heure actuelle. Et la production locale ne parvient pas à satisfaire cette demande.

Les quatre cimenteries installées en Côte d’Ivoire, la Société ivoirienne des ciments et matériaux, la Société des ciments d’Abidjan, la Société des ciments du sud-ouest et les Ciments de l’Afrique n’arrivent pas encore à combler le déficit. «Il s’agit d’un phénomène normal qui intervient à chaque fois que la consommation devient forte. Il y a beaucoup d’investissements dans le secteur immobilier actuellement», commente un expert du marché du ciment.

De nombreux observateurs précisent que le pays connaît effectivement une pénurie de ciment depuis quelques mois, et cette situation pourrait s’aggraver jusqu’en 2018. Pour lui, c’est un signe que le pays se développe, car lorsque le secteur du bâtiment marche, tout marche.

La situation a des conséquences sur le quotidien des populations. Car le prix de la tonne pourrait grimper. En tout cas, c'est ce dont sont convaincus des opérateurs économiques du secteur si le Gouvernement ivoirien ne prend pas des mesures idoines.

En effet, sur le marché abidjanais, le sac de ciment est vendu entre 3700 et 4000 FCfa au prix usine. Sur le marché, il se négocie entre 4200 et 5000 FCfa à Abidjan. A l’intérieur du pays, les prix sont plus élevés qu’Abidjan. «Je suis un vendeur de ciment à Boundiali. Lorsqu’on prend l’unité à 3700 ou 4000 FCfa, nous sommes obligés de le transporter jusqu’à destination ici. Les frais de transport sont énormes. Pour me retrouver, je suis obligé de le livrer à 5.500 FCfa ou plus souvent », explique un commerçant que nous avons joint au téléphone.

Autre souci pour les opérateurs économiques, c’est la longue attente qu’il faut observer avant de se voir livrer sa commande. Il faut bien souvent attendre plusieurs jours avant d’avoir son bon de commande pour être servi enfin.

Des commerçants sont obligés de passer trois à quatre jours avant d’être servis. «Ce n’est pas facile. Nous pouvons passer souvent plus de quatre jours avant d’être servis en ciment. Pendant ce temps, le camion est immobilisé. Souvent, le responsable du camion demande que son véhicule abandonne la course pour aller faire autre chose. Il y a beaucoup de difficultés pour se voir livrer du ciment. En plus, nous avons une pression de nos clients, car chacun attend sa commande également », proteste Koné Adama, vendeur de ciment à l’intérieur du pays.

Cette situation de pénurie avait amené le Gouvernement, en 2015, à faire des commandes de ciment aux sociétés Cimenterie de l'Afrique (Cimaf) au Port autonome d’Abidjan et à la Société des ciments du Sud Ouest (Socim) au Port autonome de San-Pedro.

Face aux difficultés d'approvisionnement en ciment, le Gouvernement avait opté pour une opération d’urgence de commande de 300 000 tonnes à effectuer par les cimentiers que sont la Société des ciments d'Abidjan (Sca), la Société ivoirienne de ciment et de matériaux (Socimat), Cimaf et Socim, dans le trimestre en cours.

Cames Koffi
Source : Le Mandat